•    Cher lectorat, nous voici à nouveau réunis pour faire le bilan de l'année écoulée du point de vue des 26817 coup de ciseaux donnés. Si capillairement parlant j'ai appris que le carré filasse était finalement préférable au carré Cathy Carter-Smith asymétrique, vestimentairement l'année fut davantage sous contrôle avec :

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?
    - un chemisier Burda au col duquel j'ai redonné un poil trop d'aisance, régulièrement porté, et une jupe en sweat sur mesure que j'aime beaucoup.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

     - un gilet en sweat rose très régulièrement porté, bientôt aussi indispensable que ce short. Soulignons la grande qualité du sweat Lebenskleidung qui ne présente pas la moindre bouloche aux zones de frottement avec le sac.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - un caban tout frais pour traverser la Manche et aller élever les chèvres dans le Lancashire.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - une robe en pilou très appréciée mais un peu courte pour être portée en toutes circonstances.

      La suite de la saga pantalon : après avoir abaissé la ceinture de mon jean vert afin que mon ventre puisse vivre dedans, j'ai enfin retrouvé le Safran gris dans la pile à reprendre car le frottement des cuisses commençait à faire lâcher la couture. J'en ai profité pour retirer du tissu à la couture côté en haut des hanches et reprendre uniquement le bas de la ceinture pour ne pas avoir le bide plus comprimé : c'était exactement ce qu'il fallait pour qu'il cesse de redescendre à tout bout de champ ! Mais ce n'est pas pour autant que je le porte souvent car je suis assez sensible à l'entrave à la circulation sanguine dans les mollets.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - J'ai ensuite refait un jean d'essai pas transformé et peu portable puisque son velours bleu premier prix déteint sur le corps.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - puis un beau jean en velours bordeaux à raies épaisses, adopté parmi les basiques.

      On a cousu du Deer & Doe grâce à la patronthèque des copines :

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - on a joué à l'éditrice de tissu avec une Mélilot en satin imprimé Spoonflower, dont l'enduit est moins caoutchouteux au bout de quatre lavages. La relative raideur du tissu n'en fait pas ma chemisette préférée. Après avoir réitéré l'expérience d'imprimés de différentes teintes sur la qualité interlock GOTS, je conseillerais aux gens intéressés par ce service de préférer un motif clair sur les tissus en coton.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - un test de Mélilot en coton de Selenz, donné de force à Liseli.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - une deuxième Mélilot dans le même coupon, ajusté à mes mesures et cette fois réversible, que j'ai beaucoup portée du côté des petits motifs géométriques.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - une Anémone en velours noir à fines rayures, pas trop reportée cet hiver car pénible à repasser.
    - une réinterprétation de la Carme de Pauline Alice par Lekala et corrigée par moi, très portée même si les brides sont trop longues.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?
    - en juin j'ai commencé à travailler sur le T-shirt équilibré et Bobby le ramasse poussière m'a laissé un tatouage à vie.
    - puis j'ai refait mon buste de base et le buste de base de Festive Road.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - et à l'automne j'ai travaillé et sorti le patron de T-shirt Bésame Mucho, le basique dont j'avais besoin et dont vous avez besoin aussi à mon avis.

      Au premier semestre, j'ai planché sur le projet de patrons destiné à l'emploi de chutes, travaillé plusieurs modèles pour finalement n'en sortir que deux :

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - Kelly Watch the Stars, dont je n'ai porté que les versions 1, 4 et 5 des montages ci-dessus, la 4 étant celle qui fait le moins pyjama de jour (je crois que Monsieur a une dent contre ce patron).

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    Hanging Song en version débardeur en soie à gauche, en viscose à droite, que j'ai peu porté...

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - ...et en version robe, qui devait davantage épouser mon désir sous-jacent à ce moment-là puisque je l'ai portée plusieurs fois et suis bien contente de l'avoir pour les prochains étés.

      J'ai aussi obtenu plusieurs versions portables des autres ébauches de patrons, que je vais donc vous montrer dans une série de photos peu farouches du cuissot.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - j'avais envie de faire un T-shirt à larges manches raglan contrastantes, mais ma soif a été étanchée dès la première tentative.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - une jupe courtes en sweat à panneaux et poches latérales. Mon moi de 20 ans me signale qu'il n'est pas mort et qu'il adore cette version faite de bric et de broc. Mon moi de 35 ans l'informe qu'on est désormais une bourgeoise vivant dans une métropole dont le nom est associé à une autre idée de l'élégance, et qu'on va plutôt la retenter dans un molleton bio kaki (cf supra), qui est effectivement régulièrement porté.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - un bermuda (n'écoutez pas celles qui disent que c'est un short) à parement inférieur, j'aime bien devant et de dos mais de côté, meuerk. Il est possible que je reprenne l'affaire au moins pour moi en 2020.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - pas pour ce projet mais toile montrable tout de même, une robe en jersey velours à fronces sous-poitrine et jupe à panneaux, pas assez cintrée dans le dos.

      Côté tricot :

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - toujours pas de pull allergisant en laine de chat mais du rose encore avec le Vintersol à base de Shetland Azalée, dont l'ampleur est finalement appréciée et qui est donc très porté.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    - la faune et la flore sur le grand châle dont j'avais besoin en jacquard mérinos bien dense. Je le porte sur les épaules tandis que j'écris cet article.

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      En 2019, on a encore gâté ses proches :

    - un pantalon en chino beurre frais Lebenskleidung sur mesure pour Monsieur (irréversiblement taché de noir au bout de 15 jours: malédiction familiale paraît-il)

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?
    - un châle pour Maman en Malabrigo Arroyo à point texturé. A noter que j'ai été un peu désappointée par ma finition des bords en point mousse qui bride l'élasticité du point employé.
    - recyclage d'un pyjama en velours trop court de Maman pour ma nièce avec un patron Burda.
    - jupe Anémone en velours noir pour ma binôme pianiste des Neptune's Daughters, accompagné de son petit gilet Burda taillé dans les chutes, le tout ravissant.
    - un calendrier de l'Avent de dix T-shirt/pyjamas en jersey GOTS assemblés au fil polyester parce que le budget n'est pas illimité non plus, que le père Noël n'a pas même pas pu livrer pour cause de rennes en grève. Ils ne sont heureusement ni périssables, ni démodables.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ? 

    - un lot de pochons à cadeau dans des chutes de tissu.

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    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

      Bon ok, c'était un peu l'usine cette année, mais entre les nombreuses toiles portables de patron et les cadeaux, on constate que la répartition du reste est équilibrée !

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

      Une année 2019 très valeurs sûres, avec une première apparition d'Ottobre dans la partie cadeaux.

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

      Où l'on constate que toile portable n'est pas nécessairement toile portée.
    2019 en une tenue :
      liquette Carmelita + pantalon velours bordeaux + pull Vintersol à dominante rose + gilet sweat rose + châle animalier.

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    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

    Dimanches lumineux : cette année, j'ai pu payer 5 mois d'abonnement à eklablog grâce à vos dons. Merci !

    Bilan 2019 : enfin la sagesse ?

     Heureusement j'ai une autre source de rétention de liquidités pour acheter du tissu

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      En somme, j'ai honoré le contrat de 2019 : confectionner les basiques qui me manquaient (les chemises, les T-shirts, le pantalon). Je déclare donc 2020 année de l'habit de lumière : place aux projets plus personnels et ambitieux dont le désir remonte à plusieurs années, au choix :
    - tailleur veste/pantalon (serait temps depuis le temps qu'on en parle !)
    - combipantalon (profitons de la mode)
    - combipyjama (parce que)
    - combishort années 80 (tout un programme)
    - robe sport-parka (je me comprends)
    - robe far west (je me comprends aussi)
    - robe à godets copie d'un modèle estival Rhode Resort (miam un modèle à décortiquer)
    - un manteau long à boutonnage simple pour l'hiver prochain, que j'imagine a priori en prince-de-galles anthracite (du gris vraiment ?)
    - robe simple mais classe en velours de soie/viscose, bronze de préférence (cf. toile ci-dessus)
    - non réalisée l'an dernier :
    une chemise à col asymétrique et boutons pression, soit une saharienne, ou peut-être une vareuse finalement
    - un autre jean
    - un bermuda à plis

    - Monsieur attend toujours sa veste, donc il y aura au moins une toile de veste en 2020 histoire de voir si le modèle du livre de S.Esparghilé qui me semble tout de même bien trop moulant pour ses habitudes lui convient.
    - côté tricot un pull à empiècement couleur noisette/rouge-gorge, reste à trouve une laine au nuancier adéquat

    - et côté patron, idéalement deux robes et un T-shirt masculin.

      Et maintenant, on va faire un jeu : imaginons, nous sommes en 2020 et le vicomte de boisjoly souhaite donner un nouveau nom sophistiqué à sa marque de patrons de couture : "Officine Capucine" a ses faveurs, mais son précieux lectorat sent certainement bouillonner en lui d'autres agencements verbaux dans l'air du temps ? Think  #artisanat #réenchantementdelacouturelente #réinventiondesoi #jeuneurbaine   #magrandmereetaitcouturiereahnonlamiennevendaitdespetitesculottesadijondanslesannees30   #délicatetraffiné. 
    À gagner : un patron de volant homme/femme/enfant de la largeur de votre choix avec sa réglette de gradation pour s'adapter à toutes les zones anatomiques (dans son usage non dévoyé).

      Que la créativité soit avec vous pour 2020 !


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  •   Ce week-end, je tâche de terminer cet article pantalonnier en friche depuis des lustres. Souvenez-vous, on en était resté au jean vert sapin recopié bon an mal d'un jean promod, mais dont :
    - le pli sous-fessal me mécontentait
    - la ceinture devant me rentrait dans le bide en position assise.

    Le silence des boyaux

      Un matin de printemps, avant d'aller rejoindre une copine au resto, peut-être mue par la perspective d'un copieux repas, je me suis décidée à en découdre la ceinture devant, raboter 2 cm de haut à partir du milieu devant, recoudre la ceinture, pour obtenir un résultat qui satisfaisait enfin à mes exigences d'où le titre de ce billet.

    Le silence des boyaux

    Le confort digestif illustré

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      J'avais bien en tête le produit final idéal (un jean en beau velours côtelé, voire plusieurs jeans en beau velours côtelé), quand de passage chez mes parents je suis tombée chez BGF sur un rouleau de velours côtelé d'un flamboyant bleu canard, occasion d'un petit cas de conscience éthiquobobo :
    - d'un côté un velours dont les prébouloches de l'envers et l'aspect écrasé de certaines zones du poil ne laissaient pas présager une grande qualité mais avec une composition coton très majoritaire après brulis et une élasticité parfaite, probablement fabriqué à quelques milliers de kilomètres d'ici, mais présent ici et maintenant donc sans frais de port et avec participation à l'économie locale, ses 4€/m pompant peu de ressources dans le porte-monnaie. 
    - de l'autre un coton bio avec élasthanne, irréprochable sur échantillon, cher (27 à 30€/m), avec transport individualisé nécessaire depuis l'Allemagne.
    Alors hein, qu'est-ce qu'on a fait ? Sachant que le patron n'était pas abouti ?

    Le silence des boyaux
    Angledroitisation de la fourche dos

      Ben on est repartie avec son velours de schtroumpfette qui colore les jambes en bleu même après trois lavages donc autant dire que je l'ai porté un semaine le temps de me faire un avis et qu'il ne ressortira du placard que les jambes devant.

    Le silence des boyaux

      On retrouve le pli de la déprime sous la fesse, manifestement grande est la peine à comprendre quel serait l'ajustement approprié. Ma modification de la hauteur de fourche a de plus été assez mal gérée et le passant placé au milieu dos rend la fourche inconfortable. Question sensation, j'ai l'impression que le tissu qui recouvre le fessier est vite tiré vers le bas, surtout quand je commence à lever le genou.
    Je me suis demandée si je devrais poursuivre le creusement de la fourche devant, et n'y ai finalement pas touché pour la version suivante.

    **********

      J'ai donc continué à jouer à "tu chauffes ou tu refroidis" avec cette fois 1.3 m du beau velours bordeaux 98% coton GOTS 2% élasthanne, en creusant la fourche dos.

    Le silence des boyaux

    Le silence des boyaux

     Et Biquette fit son premier gif

    - C'est un peu mieux pour les plis soufessiers. Un peu... Il ne faut pas que je diminue davantage la hauteur de la fesse sur la verticale au milieu de la jambe car le lever de genou deviendrait alors trop limité.
    - J'ai dessiné la découpe de la réhausse dos au doigt mouillé et elle est encore trop bombée, ce qui forme des poches assez laides sous la ceinture.
    - Il faudrait moins de largeur sur la taille au dos pour car le pantalon a trop tendance à redescendre sur les hanches.
    - Comme je trouve le côté légèrement trop bombé sur le haut de la cuisse (je l'ai un peu repris sur les photos portée par rapport à la découpe sur tissu), je pense réorienter à l'oblique la fourche dos pour décaler le côté taille dos sur le côté.
    - J'avais orienté la fourche devant complètement à la verticale pour éviter les plis d'aine, je pourrais là aussi la remettre légèrement à l'oblique.
    - Ce jean est néanmoins très portable : deux semaines d'affilée avant un premier lavage, ce à quoi n'avait réussi aucun de ses prédécesseurs.

    Le silence des boyaux

    Avachissement naturel / Lordose            

    Le silence des boyaux

      Voilà où on en est pour cette année.


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  •   Vous souvenez-vous de ma soi-disant robe Angela 15 ans ? Depuis le temps que je promettais une petite sœur à ce pilier de ma garde-robe, il aura fallu que je tombe sur un tissu providentiel pour lancer le processus. Ce ne fut pas gagné, puisque ce pilou à carreaux 100% coton à l'exceptionnel toucher 100% cachemire aperçu deux semaines auparavant chez sacrés coupons était devenu introuvable au détecteur à pépites quand je me suis décidée à m'en porter acquéreuse et que son signalement ne disait rien aux vendeuses ; je m'apprêtais à me demander s'il avait vraiment existé et à devoir en faire le deuil quand je l'ai retrouvé sur leur site internet ! Il en reste deux et le métrage est parfait pour un pyjama, je dis ça je dis rien.

    La robe doudou

      Je suis partie de ma nouvelle base pour la construction. Le haut n'est pas patronné de la même manière que la première fois parce que je voulais un peu moins de tension sur l'épaule : le décolleté est donc un peu plus lâche et la tête de manche tombe davantage sur l'extrémité de l'épaule, un poil trop cette fois. J'ai absorbé un peu plus de volume à la poitrine à l'aide de deux pinces au lieu d'une, orientées de manière à préserver la continuité des lignes rouges/jaunes. La manche est également perfectible, mais je suis surtout satisfaite de voir que j'arrive maintenant à pondre une manche correcte sans me baser sur des calculs/tracés alambiqués.

    La robe doudou

      Le décolleté fini au biais a été stabilisé par une bande de thermocollant.

    La robe doudou

      Le grand dilemme de cette robe fut la longueur de la jupe dos car la principale motivation derrière cette nouvelle déclinaison est que la première a rétréci à ce niveau. Déjà que la longueur midi n'est pas franchement le genre de la maison, là c'en est arrivé au point où je ne peux plus me pencher, heu, sereinement. Une longueur dos à la carte était possible en plaçant le demi cercle dans la longueur, mais cela m'aurait forcée à un haut dépourvu de la légère élasticité du sens trame. L'option choisie a donc été de couper la jupe dans la largeur, d'où la longueur limitée.

    La robe doudou

    2014 vs 2019

      A la fin de mon billet de 2014 je regrettais que les manches fussent un peu courtes, 5 ans et 5 cm plus tard, les voilà idéales.

    La robe doudou

     Après cette photo j'ai repris la ligne de taille qui gondolait un peu sur le devant.

      Le dernier fil coupé, j'ai épongé une larme de bonheur... pour m'apercevoir que j'avais oublié la planque du mouchoir. Et c'est parti pour re-2 poches paysannes, d'abord montées à l'envers parce que j'étais pressée youhouuu ! Je ne sais toujours pas si c'est l'idée du siècle de les avoir mis sur une zone qui tombe dans le biais mais la déformation de robe n°1 ne semble pas horrible, alors qui vivra verra.

    La robe doudou

    La robe doudou

      Nous vivons une saison parfaite pour cette robe. Et la différence majeure d'avec 2014, c'est que j'ai maintenant 2 grand châles pour venir la réchauffer !

    La robe doudou

    La robe doudou

      Elle n'est pas doublée car je déteste toujours autant poser des doublures et heureusement le pilou mou ne colle pas aux collants. Ses 80 cm à la taille ne l'empêchent pas d'être enfilée facilement même sans système de fermeture.

      Bilan : grosse vibe wardrobe staple pour cette resucée, qui ne serait à corriger que d'un brin pour les légères dissonances subsistant (épaule et carrure devant à raccourcir, excès de tissu de la tête de manche au dos, hauteur de l'ourlet à niveler). Mais entre nous on sait que le coton ça rétrécit toujours un peu, donc dans quelques lavages elle devrait s'approcher d'un état ressemblant à rien de moins que la perfection à mes yeux.


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  •   Un des projets de 2019 était de dessiner le T-shirt parfait un T-shirt qui m'aille le mieux possible. Pour comprendre un peu comment y arriver, j'ai fait ce que j'aime bien faire dans ces circonstances, c'est-à-dire reporter de façon superposée les tracés de plusieurs patrons de T-shirts, une dizaine en l'occurrence, comprenant notamment ceux que j'ai déjà faits (Briac, Casual Wear, Plantain, Burda) et quelques autres dont les réalisations sont abondamment publiées sur le net pour ceux qui sont gratuits (Arsène ancienne version, Badiane, Stellan Tee, d'autres Burda, un Ottobre), après retrait des marges de couture pour ceux qui en sont dotés. Ce qui m'a permis de comprendre ce qu'il me fallait et l'origine de certains aspects récurrents distingués sur les réalisations de ces divers patrons.

    **********

      Mais d'abord, penchons-nous sur un T-shirt un peu spécial : celui en jersey de chanvre/coton fin GOTS reçu à la fin de la campagne de financement ulule qui consistait à soutenir la relocalisation en France du tricotage/tissage des tissus de la Cantate du Chanvre, dont l'affaire a depuis été reprise par Macasports. Ce jersey n'ayant a peu près aucune élasticité, je testais alors une formulation située entre le T-shirt pour homme du livre Casual Wear et le Briac du livre Coudre le stretch dans le but d'obtenir un T-shirt estival ample et fluide.

    Le T-shirt bien

    En septembre 2018

      Le côté endroit du tissu, plus doux, a été placé sur l'envers. J'ai commis l'erreur fatale de tirer un peu sur le tissu à la coupe pour le redresser car il vrillait comme un malade. Mal m'en pris puisque c'est maintenant sur moi qu'il dévrille... Leçon retenue : sur un jersey sans motif, pas d'excès de zèle.

    Le T-shirt bien

    En juin 2019 après quelques lavages

    Le T-shirt bien

    Ourlet cousu à la main pour éviter ce genre de plis... qui heureusement sont fortement atténués au repassage.

      Sinon c'est une très bonne maille fraîche et légère, pas excessivement transparente ; pourvue en somme de suffisamment de qualités pour la porter sans être malheureuse en période de canicule. Toutefois je réduirais un peu l'ampleur de l'ouvrage s'il était à refaire avec le même tissu.

    **********

      Revenons à nos cotons. Je voulais terminer d'utiliser un coupon de jersey beige GOTS Lebenskleidung, auquel 5% d'élasthanne confèrent une grande nervosité. Il ressemble pas mal en cela au jersey avec lequel j'ai fait le Briac bleu marine, c'est donc surtout ce vêtement qui m'a aidée à poser les jalons de mon tracé. En effet, je me sens assez engoncée dans ce dernier au niveau de la carrure et du haut des manches. Je souhaitais également une épaule plus prolongée sur le côté, et une emmanchure un peu plus plate. Bref un T-shirt moins moulant et prenant en compte mon bonnet C. Et avec des manches courtes. Et une encolure ronde suffisamment dégagée.

      J'ai donc repiqué sur une feuille les nouveaux tracés estimés répondre à mes attentes, ajouté les 0.7 cm de marge, une bande d'encolure d'1 cm, et voilà :

    Le T-shirt bien

      Eh bien même avec un élargissement conséquent à ce niveau (+ 1,5 cm sur chaque côté en carrure devant), je sens bien la tension du tissu au niveau de la carrure devant même si ça ne se voit pas en photos, et cela contribue à remonter légèrement le devant lorsque je bouge. L'aisance est de 0 cm à la poitrine et... je m'aperçois à l'instant que l'aisance à l'ourlet est également de 0 cm, je pense que quelques cm supplémentaires à ce niveau seraient les bienvenus. La manche est très bien. J'ai résorbé 1 cm de "pince" poitrine sur le côté mais cela contribue à former des vaguelettes assez visibles.

    Le T-shirt bien

      Côté technique :
    - j'ai vraiment du mal avec la pose de laminette simultanée à la couture des épaules, entre le bout d'élastique qui se barre et son étirement pendant la couture malgré que j'étire bien le tissu, on n'est pas aidée ! Je me retrouve ici avec des épaules légèrement froncées.
    - la pose de la bande d'encolure provoque également quelques vaguelettes par endroits.
    - la couture des ourlets à l'aiguille double s'est relativement bien passée avec un long point en essayant de maintenir le tissu à plat dans la largeur lors du passage sous le pied de biche (PS : j'ai essayé le truc du papier de soie sous la couture sur des échantillons et ça n'apportait aucune différence visible).

    Le T-shirt bien

      Je suis globalement satisfaite de cet essai, il est déjà régulièrement porté et ne sera pas démodé de sitôt !


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  •   Lecteur occasionnel, ou régulier curieux du devenir de ma production, voici venu le moment de la rétrospective 2018 des péripéties couture et tricot au domaine de Boisjoly, une année marquée par la palette "fruits des bois" :

    Bilan 2018

    marinière bordeaux :  une reproduction/appropriation réussie et très appréciée tout au long de l'année, malgré l'apparition rapide de bouloches sur le coton/viscose et la légère rétraction du galon.
    - ici portée avec la jupe double fil du concours T&N : une belle expérience, je porte la jupe sans frein notoire.

    Bilan 2018

    robe en crépon grenat : faite sur un coup de tête, ce fut le coup de cœur inattendu ; parfaite pour l'été et beaucoup portée.

    Bilan 2018

    - sac à main en tissu enduit : n'a pas démenti son utilité ; il a choppé quelques taches de gras au passage, un comble.

    Bilan 2018

    châle Pink Graphite : venu remplir un vide dans la panoplie et arborant la couleur banco de l'année, pas étonnant que je ne porte plus que ça depuis 3 mois.
    - pull Hazel Bank : très porté, il a rapidement été le siège d'une éruption de bouloches, dont je ne me suis toujours pas occupée puisque que je n'ai pas de rasoir spécial, mais je m'en fiche car avec la texture ça fait moins tache et le confort du pull l'emporte largement. J'ai craint un moment que les entournures un peu basses suite à mes traficotages m'ennuient mais je n'y prête pas plus attention que ça.

    Bilan 2018

    - sac isotherme à morues :  a servi 4 fois, RAS.

      Aparté dégustation : j'ai pu comparer les glaces vanille de chez Raimo et de chez Berthillon (je voulais mettre à l'épreuve le sentiment que j'avais de la surcote de Raimo, d'autant qu'elle est 50% plus chère).
    Avec une liste d'ingrédients allant à l'essentiel, la vanille Berthillon s'impose par la force de son goût, qui combinée à sa texture évoque la densité d'une crème pâtissière, tandis que la vanille Raimo est plus discrète, avec un goût entre le lait et la crème fleurette. Pondérons cet avis par celui de Monsieur qui a trouvé que leur différence est marquée mais ne saurait dire laquelle il préfère. Niveau emprunte emballage, Berthillon gagne également avec sa boîte en carton.

    **********

    Bilan 2018

    Safran hyperextensible : qui n'a pas spécialement bougé après lavage. Ignoré au retour de la mauvaise saison, à tel point que je m'aperçois à l'instant que Safran a disparu de l'armoire, j'ai du l'oublier en Normandie d'où il ne me manque manifestement pas. EDIT : ben non, donc le mal-aimé a fugué si je comprends bien.

    Bilan 2018

    pull rayé du pêcheur : porté en fin d'été mais guère plus. Entre les manches au coude chauve-souris et les couleurs qui vont avec tout ou avec rien faut avouer qu'il est spécial.

    Bilan 2018

    - maillot de bain 2 pièces transformé : très utile

    Bilan 2018
    Merci la lampe à UV !

    - short Petit Boudin à surpiqures phosphorescentes : grand confort du jean stretch, beaucoup porté au 1er semestre, moins au 2eme par concurrence et victoire du petit boudin kaki.

    Bilan 2018

    robe empire burda : peu portée pour le moment, et malheureusement la laine déteint donc s'il faut se fader le lavage à la main à chaque fois, on la portera avec parcimonie.

    Bilan 2018

    chemisier à froufrous fashion style : peu porté pour le moment. Les liens des poignets ont été raccourcis.
    robe verte QECQTVPLV 2018 : dissymétrie très frustrante du boutonnage d'où l'utilité des poses déhanchées.

     Bilan 2018

    - cape en drap de laine : le conte de fées fait réalité, portée de temps en temps car c'est tout de même moins pratique que la parka de base, notamment pour porter un sac à dos.

    Bilan 2018

    base de pantalon droit : non portée, en attente de la reprise du chantier en 2019. NB : cette coupe fait néanmoins un gros cul.
    casaque Cassoulet : portée 2 fois, réservée à l'hiver + épineux dilemme des boutons en bois qui perdent leur lustre au passage en machine :-/

    Bilan 2018

    jean vert : enfourchure trop foireuse, non seulement visuellement, mais assez inconfortable à l'aine et sur les hanches. Après l'avoir ignoré au 2eme semestre, je viens de me réconcilier avec même s'il me rentre un peu dans l'aine devant et que la ceinture devant arrive trop haut et rentre dans le bide une fois assise.
    - avec une toile de cassoulet qui est finalement portée régulièrement malgré un gros morceau de thermocollant blanc visible à l'encolure, et même si elle est un peu courte pour ce pantalon en particulier.

    - T-shirt tout fin en chanvre : pas posté mais déjà porté surtout cet été, rapport prochainement.
    - J'ai également réalisé un ensemble "Dans le boudoir" en soie d'après le livre Coudre sa lingerie : alors là je renonce à toute production picturale tellement j'ai honte de la mocheté et du bâclage du truc, que je n'ai pas mis du tout.

      Les Altruistes

    Bilan 2018

    - J'ai beaucoup exploré le catalogue des tissus biologiques Lebenskleidung cette année à cause de leur grand choix de mailles et de leur politique d'échantillons (peu chers, suffisamment grands et en quantité illimitée) : d'abord par un pyjama bleu en jersey velours 100% coton pour ma mère d'après un de ses vieux pyjamas Emo, qui s'est avéré un peu court car nous ne voulions pas commander 3 mètres de tissu. J'en ai ensuite cousu deux autres couleur vert d'eau de longueur adéquate et ai recyclé le bleu dans un pyjama pour ma nièce.

    Bilan 2018
    - avec du bord côte fin coloris Marsala, un sous-pull pour maman, patron Burda.

    Bilan 2018

    - ensuite, deux pyjamas pour Monsieur car les siens tombaient en ruine. A gauche avec deux sweats kaki d'après les pièces d'un des défunts pyjamas (très mauvaise idée, on se condamne ainsi à avoir des pièces trop larges et trop courtes). A droite avec deux jerseys coton/élasthanne d'après un patron du Lalala 4.

    - deux chinos tests du patron Out In The Middle pour qui pourra rentrer sa fesse en premier dedans.

    Bilan 2018

    - un pantalon de costume pour Monsieur d'après ce même patron.
    - un maillot de corps fin en jersey de chanvre pour ce même Monsieur.

    Bilan 2018
    - une jupe en jersey de chanvre moyen pour rhabiller Frida.

    Bilan 2018

    - un ensemble chemisier + jupe transformée pour le lindy hop de Charline. Malheureusement cet ensemble n'a pas eu le pouvoir de multiplier les danseurs mâles sur la piste.
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    une housse pour le futon de la clinique : liquidation victorieuse d'un coupon-boulet de 10 ans !

    Bilan 2018
    - et pour finir le projet de l'amour fililal : une robe de chambre en peau de poussin avec un galon vermillon pour maman d'après modèle lui appartenant.

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      Pressons cette production en fromages :

    Bilan 2018

      En 2018, j'ai presque plus dépensé en papier calque qu'en patrons.

    Bilan 2018

       L'assiette fut diversifiée et de type "restos du coeur".

    Bilan 2018

      La répartition est quasiment identique à celle de l'an dernier, et à part l'ensemble de lingerie clairement bâclé, je n'ai pas le sentiment que je puisse faire mieux sans renoncer tout bonnement à la dimension créative de ce loisir. Il n'y a que la quantité globale sur laquelle je puisse jouer. Hors lingerie, je n'ai toujours pas acheté d'habit neuf (ah mais si, le maillot !), et 2-3 trucs en friperie.

      Cette année a vu la sortie du patron le plus ambitieux de Festive Road, et manifestement le plus intimidant, le pantalon masculin Out In The Middle, ainsi que la révision de la robe Qu'Est-Ce Que Tu Vends Pour Les Vacances dont je suis maintenant complètement satisfaite.

      Cerise sur le gâteau : grâce à la création d'un compte Liberapay pour ce blog, j'ai pu payer 3 mois d'abonnement à Eklablog. Soit remerciée, généreuse donatrice (oui, j'ai comme dans l'idée que c'est une dame)! Qu'ils soient nombreux à suivre ton exemple en 2019 afin de tester la rétribution des testeuses !

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      Et pour finir, la liste de projets à venir, qui m'avait été bien utile l'an dernier puisque je m'y suis quasiment tenue, preuve qu'elle visait juste. Cette année, dans le cadre du défi déstockage lancé par Grenadine C sur T&N,  je compte terminer d'utiliser la plupart des tissus achetés cette année, avec au choix :
    - un gilet en sweat rose thé, déjà terminé
    - un pyjama chaud, peut-être une grenouillère, avec un jersey velours taupe
    - un t-shirt simple avec un jersey taupe bien élastique, occasion d'optimiser la coupe du Briac, et peut-être un autre t-shirt en mélange beige/bleu jean selon les chutes
    - une jupe classe (peut-être une Anémone) avec un brocard de polyester gris clair bleuté qui me reste de la virée chez Bennytex
    - avec un coupon de lin bleu : soit une chemise à col asymétrique et boutons pression, soit une saharienne
    - un haut en sweat moucheté kaki clair
    - une robe à froufrous en crêpe de coton à tartan beige
    - une chemise en satin à imprimé floral à fond violet Spoonflower (billet chouine à l'horizon)
    - un short pas trop court à plis en sergé à chino kaki
    - deux chemises en twill léger taupe et parme pas encore commandés (utilité des échantillons)
    - deux pantalons en velours côtelé légèrement stretch : un pour moi en bordeaux, un pour Monsieur en marine, pas encore commandés (préparez vos bons de commande Lebenskleidung les parisiennes).
    - une veste-gilet en épais lainage stretch beige
    - une veste pour Monsieur d'après le livre sur la veste tailleur récemment sorti aux éditions Eyrolles, mais comme j'ai des doutes sur les dimensions du coupon et l'adéquation de la coupe ajustée aux goûts du destinataire, ce sera peut-être juste un gilet.
    - une jupe pour l'amie normcore qui ne porte que du noir
    - un pantalon en sergé à chino beurre frais pour Monsieur

      Bref, un agenda de ministre susceptible d'être écrémé vu l'absence d'urgence, d'autant plus que j'ai un projet de patrons un peu spéciaux prévu pour cet été.

      En tricot : un châle plus vaste que le Pink Graphite, un cadeau ambitieux pour Noël prochain, et peut-être un pull pour ma nièce.

      Il ne me reste plus qu'à vous transmettre mes meilleurs vœux créatifs pour 2019 !


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